Finance Participative France et KPMG viennent de publier les résultats du baromètre du crowdfunding en France en 2018. Gilles Assollant, président du Directoire d’Incit’financement commente ces premiers chiffres, complétés prochainement par les chiffres de France Angels.  

FPF et KPMG viennent de publier les résultats du baromètre du crowdfunding en France en 2018. Quel bilan tirez-vous de cette année ?  

L’année 2018 a été marquée par l’impact de la suppression de l’ISF donc de l’avantage fiscal lié ce qui se traduit par une frilosité des investisseurs particuliers (à ne pas confondre avec les fonds) qui ont diminué de façon significative (environ 20%) leurs participations. On constate cette tendance au niveau des réseaux de Business Angels qui reflètent eux aussi cette baisse. La région Auvergne-Rhône-Alpes confirme sa position de 2ème territoire après l’Ile de France avec une part relative qui se situe de façon structurelle entre 15 et 20% du total des investissements effectués au niveau français.

Qu’est ce qui amène les entreprises au financement participatif en capital ?  

Le Crowdfunding en Equity est une toute jeune industrie qui doit mieux se faire connaitre auprès du monde de la finance et de ses utilisateurs. Les jeunes entreprises ne s’adressent pas prioritairement aux plateformes de Crowdfunding en Equity, bien souvent elles l’étudient à posteriori comme une solution alternative quand elles ne parviennent pas à boucler leurs tours de table. Ce qui ne favorise pas cette profession. Avec le temps cette industrie va se structurer autour de leader et de pôles d’investissement reconnus. L’année 2019 sera à ce titre un test significatif pour examiner les éventuels rapprochements, consolidations, et réorientations stratégiques.

Et sur Incit’financement quel est le profil des entreprises financées ?  

Ces sociétés régionales se positionnent sur des secteurs d’activité divers : objets connectés, piscines, vidéo, marketing expérientiel, apprentissage numérique, services informatiques, sports connectés… avec comme point commun un besoin de fonds situé entre 100 000 et 1 million d’euros pour accélérer leur développement et créer de l’emploi dans la Région.  

Les plateformes sont-elles aussi sélectives que peuvent l’être les banques ou les fonds ?  

Les critères de sélection de la plateforme sont imposés par deux contraintes majeures : respecter les règles de l’AMF et aboutir à un accord entre le porteur de projet et Incit’financement sur les conditions et modalités de la levée de fonds. Les critères de sélection d’Incit’financement reflètent le professionnalisme et l’exigence de nos sociétaires, à savoir les réseaux de Business Angels, les banques, et les fonds.  Nous pouvons rappeler que les instructions se font en collaboration avec les réseaux des Business Angels après avoir obtenu l’accord du comité d’expert où siègent tous nos sociétaires.

Quelles sont les perspectives du crowdfunding pour 2019, les ambitions et les éléments différenciateurs d’Incit’financement ?

2019 sera une année de forte évolution par rapport aux usages multiples que nous avons évoqués. Ceci devrait confirmer le fort potentiel de croissance que nous sentons dans chaque axe stratégique.

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